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Ivre de femmes et de peinture
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| Un des plus grands films jamais réalisé sur un artiste | |
|  | Im Kwon Taek a émergé en France à la fin des années 90, avec le reste du cinéma coréen, en pleine période créatrice. Enfin, serait-on tenté de dire. Pour quelqu'un qui avait déjà fait 95 films et approchait déjà les 70 ans, il était temps! Il faut dire que ses deux plus grands films (parmi le petit dixième de sa cinématographie que j'ai pu découvrir, s'entend) sont sortis coup sur coup au début des années 2000, après avoir été présentés à Cannes. Chef d'oeuvre absolu, Le Chant de la fidèle Chunhyang reste sans doute sa plus grande oeuvre. Adapté d'un pansori traditionnel, ce récit chanté et superbement mis en scène - bien plus qu'une mise en images ou une illustration, il s'agit d'un rapport dynamique à ce récit pris un charge par ces chanteurs à la voix rauque (que malheureusement certains trouvent lassante, ce qui les empêche d'être subjugués par ce film souverain). Ivre de femmes et de peinture n'est pas très loin de ce sommet. Bien à la manière d'Im Kwon Taek, ce film est d'une grande vivacité, plein d'ellipses et de variations de rythme. C'est surtout le portrait d'un peintre, peut-être un des portraits d'artiste qui échappe le mieux aux pièges inhérents aux films relatant des vies d'artiste. Certes, il s'agit là si l'on veut d'un artiste qui ne s'accomplit que partiellement, mais la nature même de sa vie et des circonstances, la façon jamais complaisante avec laquelle elle est montrée en mouvement, font que l'on ne tombe jamais dans le cliché de l'artiste maudit ou incompris. Plastiquement splendide sans jamais tomber dans la belle image figée, trivial par moments et sublime à d'autres sans que jamais que la cohérence du tout soit menacée, voilà le film que devraient aimer tous les amateurs d'art. Une véritable oeuvre d'art vibrante, qui rend vivants à la fois le passé et l'artiste en train de créer, c'est rare. Par ailleurs, et pour ceux qui seraient rebutés (ou un peu trop aguichés!) par le titre, sachez que si ce peintre aime vivre et aimer, il n'y est que très partiellement question de conquêtes féminines, et bien plus du rapport conflictuel de l'artiste à son art et à la société qui l'entoure...
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